Un puissant cheikh demanda à sa servante de jouer le rôle de son épouse… Mais un pendentif révéla un secret familial inimaginable.

Un puissant cheikh demanda à sa servante de jouer le rôle de son épouse… Mais un pendentif révéla un secret familial inimaginable.

— Ce soir, tu seras présentée comme ma femme.

Maya Haddad resta sans voix devant la demande inattendue du cheikh Khalid Al-Rashid.

L’homme venait de lui remettre une magnifique robe écarlate, ornée de broderies délicates.

Maya travaillait depuis plusieurs mois dans sa résidence. Jamais elle n’aurait imaginé devoir un jour se faire passer pour l’épouse de son employeur.

Lorsqu’elle déplia la robe, un petit objet métallique tomba de la doublure.

C’était un pendentif en argent représentant une étoile à huit branches, entourée d’un croissant de lune.

Maya sentit son cœur s’emballer.

Elle portait exactement le même bijou depuis son enfance.

Salma, la femme qui l’avait élevée, lui avait toujours affirmé qu’il s’agissait d’un souvenir de famille.

En apercevant le pendentif, Khalid perdit soudain toute couleur.

— Où as-tu trouvé cela ?

— Il était caché dans la robe.

— Impossible… Cette robe appartenait à Nour.

— Qui est cette femme ?

Avant que Khalid puisse répondre, Faris, son conseiller de longue date, s’approcha précipitamment.

— Votre Altesse, demandez-lui le nom de sa mère.

Maya fronça les sourcils.

— Elle s’appelle Salma Haddad. Pourquoi ?

Faris échangea un regard inquiet avec le cheikh.

Il expliqua que Salma avait autrefois travaillé auprès de Nour, la fiancée de Khalid, disparue dans des circonstances inexpliquées trois ans auparavant.

Mais l’histoire remontait beaucoup plus loin.

Vingt-cinq ans plus tôt, une petite fille avait été soustraite à sa famille au cours d’une violente querelle autour d’un héritage royal.

Salma avait emmené l’enfant en secret et l’avait élevée sous une autre identité.

Maya recula d’un pas.

— Vous êtes en train de me dire que cette petite fille… c’était moi ?

Les analyses génétiques réalisées par la suite confirmèrent qu’elle possédait un lien de parenté avec la famille de Nour.

Pourtant, les surprises ne faisaient que commencer.

En examinant attentivement la robe rouge, Maya découvrit quelques mots dissimulés dans une couture intérieure.

« Réception. Table 7. »

Faris reconnut immédiatement l’indication.

Nour devait porter cette robe lors d’un dîner réunissant plusieurs investisseurs importants, le soir même où elle avait disparu.

Par une étrange coïncidence, ces hommes d’affaires étaient attendus à une nouvelle réception organisée par Khalid.

Le cheikh proposa alors un plan risqué.

Maya assisterait au dîner vêtue de la robe de Nour, afin d’observer les réactions des invités.

Elle accepta.

Le soir venu, lorsqu’elle franchit les portes de la somptueuse salle de réception, les conversations s’interrompirent presque aussitôt.

Un homme, installé près des fenêtres, laissa échapper son verre.

Il s’agissait d’Omar Vassal, un investisseur influent.

— Nour ? murmura-t-il, terrifié.

Maya s’approcha calmement.

— Pourquoi cette robe vous effraie-t-elle autant ?

L’homme tenta de retrouver son assurance.

— Parce qu’elle appartenait à une femme qui n’est plus de ce monde.

— Pourtant, personne n’a jamais prouvé que Nour était morte.

Le visage d’Omar se crispa.

Sans ajouter un mot, il quitta précipitamment la salle.

Maya comprit qu’elle venait de toucher un point sensible.

Profitant de l’agitation, elle se dirigea vers la table numéro sept.

Sous son plateau, ses doigts rencontrèrent une petite ouverture dissimulée dans le bois.

Un compartiment secret.

À l’intérieur reposait un dispositif de stockage numérique.

Elle le remit discrètement à Khalid.

Quelques minutes plus tard, dans un bureau privé, ils découvrirent son contenu.

Une vidéo montrait Nour en pleine conversation avec Salma.

Les deux femmes semblaient profondément inquiètes.

— Si je disparais, promets-moi de veiller sur Maya, disait Nour.

— Elle ne doit surtout pas apprendre qui elle est réellement, répondait Salma.

— Tu ne peux pas lui cacher la vérité éternellement !

— Pas avant que Khalid découvre les actes de son père.

Khalid se redressa brusquement.

— Qu’est-ce que mon père vient faire dans cette histoire ?

Sur l’enregistrement, Nour poursuivait :

— Si Rashid retrouve Maya, il lui prendra tout, exactement comme il l’a fait avec sa mère.

Un silence pesant s’installa.

Faris, qui avait assisté à la découverte, finit par baisser les yeux.

— Il est temps que vous sachiez tout, Votre Altesse.

Il révéla que Rashid Al-Rashid, le père de Khalid, officiellement décédé depuis quatre ans, vivait secrètement à l’étranger.

Nour avait découvert qu’il avait manipulé plusieurs transactions commerciales et falsifié des documents relatifs à l’héritage familial.

Faris se dirigea ensuite vers un coffre ancien et en sortit un acte de naissance soigneusement conservé.

Il le posa devant Maya.

Nom de l’enfant : Maya Al-Rashid.

Nom de la mère : Layla Al-Rashid.

Maya lut ces lignes plusieurs fois, incapable de comprendre.

— Layla ? Qui était-elle ?

— La sœur de Rashid, répondit Faris. Tout le monde la croit morte depuis vingt-six ans.

Maya sentit le sol se dérober sous ses pieds.

Elle n’était pas une simple employée de maison.

Elle appartenait à la famille royale.

Nour n’était pas sa sœur, comme elle l’avait d’abord imaginé, mais sa cousine.

Et surtout, Maya était l’héritière légitime d’une immense fortune.

Une partie considérable des propriétés que Khalid utilisait dans ses affaires lui appartenait en réalité.

L’accord commercial colossal qu’il devait prochainement signer concernait directement ces biens.

Sans l’autorisation de Maya, toute l’opération pouvait être annulée.

La jeune domestique qu’il avait choisie pour incarner son épouse possédait donc, sans le savoir, le pouvoir de bouleverser l’avenir financier de sa famille.

Mais une seconde vidéo allait rendre cette découverte presque insignifiante.

Nour apparaissait seule face à la caméra.

Son expression était grave.

— Maya, si tu regardes cet enregistrement, cela signifie que tu as commencé à découvrir la vérité.

Elle inspira profondément.

— Souviens-toi d’une chose : partager le même sang ne signifie pas que tu peux faire confiance à quelqu’un.

Puis elle ajouta :

— Khalid n’est pas celui que tu dois craindre. C’est son père qui a dépouillé ta mère de son héritage.

Elle hésita avant de prononcer les mots suivants.

— Layla n’a jamais perdu la vie dans un accident. Elle a été enfermée contre sa volonté.

Maya porta une main à sa bouche.

Sur l’écran apparurent ensuite des coordonnées géographiques.

Elles désignaient une ancienne propriété royale, abandonnée depuis de nombreuses années.

Khalid décida de s’y rendre immédiatement.

Avant le lever du soleil, Maya, Khalid, Faris et plusieurs gardes arrivèrent devant une imposante demeure aux fenêtres condamnées.

Le bâtiment semblait désert.

À l’intérieur, les meubles étaient recouverts de poussière et de vieux draps.

En inspectant une bibliothèque massive, l’un des gardes remarqua un mécanisme caché.

Une pression suffit à faire pivoter une partie du meuble.

Derrière se trouvait un escalier étroit plongeant dans l’obscurité.

Ils descendirent prudemment.

Au bout du passage, une pièce secrète apparut.

Contrairement au reste de la maison, cet endroit portait les traces d’une occupation récente.

Des vêtements soigneusement pliés reposaient sur une chaise. Des livres étaient empilés près d’un lit. Des médicaments et des photographies occupaient une petite table.

Quelqu’un avait vécu là.

Et peut-être très récemment.

Maya aperçut alors une enveloppe sur un bureau.

Son prénom était écrit dessus.

Les mains tremblantes, elle l’ouvrit.

La lettre portait une date remontant à seulement trois semaines.

Ma chère Maya,

Si ces mots sont entre tes mains, c’est que Nour a réussi à te conduire jusqu’à une partie de notre histoire.

Ne perds pas de précieuses heures à chercher les raisons de mon absence.

Tu dois d’abord retrouver celui ou celle qui retient encore Nour prisonnière.

Ta mère, Layla.

Maya releva brusquement la tête.

— Nour est vivante !

À cet instant précis, un bruit métallique résonna derrière eux.

Une lourde porte venait de s’ouvrir.

Un vieil homme apparut dans l’encadrement, appuyé sur une canne noire.

Khalid resta pétrifié.

— Père… ?

L’homme leva lentement les yeux.

C’était Rashid Al-Rashid.

Celui dont la famille avait organisé les funérailles quatre ans auparavant.

Il était bien vivant.

Maya s’avança vers lui.

— Où est ma mère ? Et qu’avez-vous fait de Nour ?

Rashid ne répondit pas immédiatement.

Son regard s’arrêta sur la robe rouge de Maya.

Une expression étrange traversa son visage.

— Salma aurait dû détruire cette robe depuis longtemps.

Khalid se plaça entre eux.

— Tu savais qu’elle finirait par venir ici ?

Rashid eut un léger sourire.

— Naturellement.

— Comment pouvais-tu le savoir ?

— Parce que cette réception n’a jamais été organisée pour conclure une affaire.

Maya fronça les sourcils.

— Alors pourquoi avoir réuni ces investisseurs ?

Le vieil homme la regarda longuement.

— Je voulais simplement savoir laquelle des deux jeunes femmes apparaîtrait avec cette robe.

Soudain, une silhouette bougea derrière lui.

Une femme mince sortit lentement de l’ombre.

Ses longs cheveux noirs encadraient un visage marqué par la fatigue. Elle semblait épuisée, mais ses yeux brillaient d’une émotion intense.

À son cou pendait un bijou en argent.

Un croissant de lune entourant une étoile à huit branches.

Khalid fit un pas en arrière.

— Nour… C’est vraiment toi ?

La femme ne lui répondit pas.

Elle regardait uniquement Maya.

Ses lèvres tremblèrent.

— Tu es devenue une si belle jeune femme…

Maya sentit son cœur battre à toute vitesse.

— Vous me connaissez ?

Nour hocha doucement la tête.

— Je te connais depuis ta naissance.

— Alors expliquez-moi ! Qui suis-je vraiment ? Pourquoi tout le monde me cache-t-il la vérité ?

Nour jeta un regard inquiet vers les personnes présentes.

— Nous ne pouvons pas parler ici.

— Pourquoi pas ?

Elle hésita quelques secondes.

Puis elle répondit d’une voix presque inaudible :

— Parce que la personne qui a organisé la disparition de ta mère se trouve dans cette pièce.

Maya se tourna aussitôt vers Rashid.

Tout semblait l’accuser.

Mais Nour secoua la tête.

— Non, Maya. Ce n’est pas lui.

Un silence absolu s’abattit sur la chambre souterraine.

Maya regarda Khalid, puis Faris.

Enfin, ses yeux se posèrent sur les gardes qui surveillaient l’entrée.

Tous avaient entendu les révélations de Nour.

L’un d’entre eux connaissait la vérité depuis le début.

L’un d’entre eux avait trahi Layla.

Et tandis que Maya cherchait désespérément un indice sur leurs visages, elle comprit une chose terrifiante :

Le véritable responsable de la disparition de sa mère se tenait à quelques pas d’elle… et personne ne savait encore jusqu’où il était prêt à aller pour protéger son secret.