« Vivre avec une amie est mieux que vivre seule » : comment et pourquoi les femmes se marient à Boston
Un mariage à Boston est la cohabitation de deux femmes sans relation amoureuse.

Dans une telle union, les femmes partagent une vie commune, des responsabilités et prennent soin l’une de l’autre. Nous avons recueilli les histoires de jeunes filles qui ont décidé de fonder une famille avec une amie.
Le terme « mariage à Boston » est apparu après la publication du livre de Henry James « Les Bostoniennes » en 1886.
Les héroïnes du roman vivaient ensemble et menaient une vie commune. L’idée de cohabitation avec une amie a été popularisée par les suffragettes, qui ont proposé d’inscrire le mariage à Boston dans le code civil.
À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, de nombreuses jeunes filles ont commencé à vivre ouvertement ensemble, à gérer un foyer commun et, surtout, à lutter contre le mariage patriarcal, qui considérait la femme avant tout comme une mère et une servante.

C’est pourquoi le mariage à Boston est toujours si étroitement associé au féminisme. Ce mariage repose sur les valeurs de fraternité, d’égalité et de soutien mutuel, des valeurs que beaucoup de femmes ne trouvent pas dans un mariage traditionnel.
Il est important de comprendre qu’un mariage à Boston n’implique pas de relation amoureuse entre filles. Pour le reste, une telle famille ne diffère guère des autres : activités et loisirs partagés, budget souvent commun, éducation partagée des enfants.
Les filles peuvent choisir ce modèle familial pour diverses raisons : certaines trouvent plus confortable d’organiser leur vie avec une femme, d’autres trouvent une âme sœur auprès d’une autre femme, et pour d’autres encore, cela leur permet simplement de payer moins cher le loyer et les autres dépenses.

Vivre avec une autre femme n’impose aucune restriction supplémentaire, mais offre des ressources et un soutien absents dans une vie en couple.
Dans un espace sans hommes, les risques de violences conjugales et tous les aspects négatifs des relations hétéronormatives, où les responsabilités et les rôles sont répartis selon le genre, sont réduits.
Dans un mariage bostonien, les femmes fondent un foyer commun, ont souvent un budget commun, ce qui signifie qu’en général, elles s’impliquent et s’engagent beaucoup plus mutuellement.

Parmi les inconvénients d’un mariage bostonien, les femmes vivant dans de telles unions constatent souvent que leur relation est dévalorisée par leur entourage, ou se rendent compte elles-mêmes qu’elles la prennent moins au sérieux.
Cela s’explique par le fait que ce type d’union est encore peu connu et totalement absent du cinéma et de la littérature modernes.